Un chantier école d’envergure en couverture au siège de la Fédération Française du Bâtiment

10 février 2026

Un chantier école d’envergure en couverture au siège de la Fédération Française du Bâtiment

Au siège de la Fédération Française du Bâtiment, les apprentis en couverture de l’Éco-Campus du Bâtiment ont participé un chantier école hors du commun durant trois mois.

Tout a commencé par une invitation de M. Aulanier Mériadec, représentant de la chambre syndicale GCCP, à découvrir le siège de la FFB. Au centre de la cour, un édicule d’ascenseur surmonté d’un dôme en inox attirait l’attention. Son aspect ne reflétait ni l’histoire du lieu ni le savoir-faire des couvreurs-zingueurs parisiens.

Dans la continuité des démarches engagées pour la reconnaissance des gestes du couvreur parisien et de l’ornemaniste au patrimoine immatériel de l’UNESCO, il a été décidé de redonner à cet ouvrage une identité plus juste. L’enjeu était aussi pédagogique puisqu’il s’agissait de démontrer les compétences des apprentis de l’Éco-Campus à travers un chantier réel, technique et visible.

Un projet pédagogique soutenu par la Fédération Française du Bâtiment

Les apprentis couvreurs-zingueurs ont été accueillis par Mme Aline Boyer et M. Jean-Luc Théodose, représentants de la Fédération Française du Bâtiment, chargés de l’organisation et de l’encadrement du chantier. Le président de la FFB, M. Olivier Salleron, est également venu à leur rencontre pour témoigner de son soutien et souligner l’intérêt de confier un projet de cette ampleur à des apprentis en formation.

Éric Marie, formateur en couverture à l’Éco-Campus du Bâtiment et intervenant sur le chantier école déclare :

Nos apprentis sont confrontés à un chantier complexe qu’ils n’auraient jamais rencontré en atelier. C’est l’occasion de relever un vrai défi et de se former aux gestes précis du métier dans des conditions réelles.

Sécurisation et préparation d’un chantier en milieu occupé

Les équipes ont découvert la base vie, les zones de stockage et l’implantation du chantier. Une organisation précise des tâches a été définie avant le port des équipements de protection individuelle et le lancement des travaux.

L’installation du chantier a débuté par le transfert de l’outillage et des matériaux vers la zone de travail. Des inventaires ont été établis afin d’assurer un suivi rigoureux du matériel. L’échafaudage a été réceptionné selon les documents réglementaires fournis par notre partenaire, l’OPPBTP, et monté dans le respect de la recommandation R.408, relative à la sécurité des travaux en hauteur.

Les apprentis ont ensuite procédé au démontage des éléments existants du dôme dans des conditions de sécurité strictes. Les verres des marquises ont été déposés, les potences découpées et le chéneau arasé à la bonne altimétrie. Ces opérations ont permis de réaliser des relevés précis et de concevoir un prototype à l’échelle 1 afin d’anticiper la pose des nouveaux ouvrages et de valider l’esthétique finale.

Travaux de couverture, zinguerie et ardoise réalisés par les apprentis

Les premiers façonnages en zinc ont été réalisés dans les ateliers de l’Éco-Campus du Bâtiment à Vitry-sur-Seine afin d’adapter les pièces aux contraintes du bâtiment. Pour garantir la continuité du chantier malgré les conditions météorologiques, un parapluie de chantier a été installé sur l’échafaudage à partir d’un complément de charpente conçu par les équipes.

Une fonçure bois a été créée pour accueillir le chéneau encaissé. Des crochets en fer plat de trois millimètres ont été façonnés sur mesure pour assurer la tenue de l’ensemble. Une fois le chéneau en zinc posé, les apprentis ont réalisé la couverture en ardoises posées en écaille. Les ardoises avaient été taillées en atelier afin d’impliquer plusieurs sections du CFA et de gagner en efficacité sur le chantier.

En parallèle, les éléments de zinguerie en façade ont été ajustés. Certaines pièces ont nécessité une reprise complète. Les devants de socle ont été raccordés par coulisseaux plats et la main courante par des bagues alignées. Les devants de socle ont été façonnés en pointe de diamant, apportant une dimension ornementale à l’ouvrage.

Finitions, transmission du savoir-faire et valorisation des apprentis

La phase finale du chantier a consisté en la pose des couvre-joints cintrés et des bandes de filet de plomb au faîtage. Une plateforme a ensuite été préparée pour recevoir l’épi et sa platine. Pendant que les finitions se poursuivaient sur site et que la zinguerie était nettoyée pour atténuer l’oxydation naturelle du zinc, l’épi était façonné au CFA par le formateur responsable de la filière couverture de l’Éco-Campus du Bâtiment et Meilleur Ouvrier de France, M. Stéphane Colinet.

Une fois le parapluie démonté et la zinguerie remise à nu, l’épi a été posé comme élément final, marquant la fin du chantier école.

Une expérience professionnelle et humaine marquante

Ce projet a offert des situations pédagogiques rares. Plus de 90% des apprentis réalisaient leur premier dôme et peu avaient déjà travaillé sur un chéneau encaissé avec devant de socle et main courante. La pose d’ardoises en écaille et celle d’un épi relèvent de savoir-faire spécifiques souvent associés aux l’ornemanistes.

Au-delà des techniques de couverture et de zinguerie, les apprentis ont appris à travailler en équipe, à s’organiser et à proposer des solutions durables dans le respect des règles de l’art et du savoir-faire des couvreurs-zingueurs parisiens.

L’Éco-Campus du Bâtiment tient à remercier toutes les entreprises qui ont permis à leurs apprentis de participer à ce chantier, ainsi que l’ensemble des intervenants qui ont encadré et soutenu le projet. Un grand merci également aux formateurs en couverture et aux groupes d’apprentis qui par leur engagement, leur sérieux et leur professionnalisme, ont su mettre en valeur la filière couverture et zinguerie : Certificat de Spécialisation Zingueur A, BP2 Couvreur B, BP2 Couvreur C, BP1 Couvreur A, CAP2 Couvreur B. Ce chantier école leur a permis de mettre en pratique leurs connaissances et compétences dans des conditions réelles et de se confronter aux exigences du métier.

Un grand bravo à tous pour cette réussite collective !